les poèmes de Jimmy

les poèmes et romans de Jean-Marc Demetz

01 novembre 2008

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31 octobre 2008

A propos des poèmes de Jimmy

Certains auteurs développent un univers à part.

C’est le cas de Jean-Marc Demetz, dont le second roman vient de paraître : LES 7 PRIÈRES DE LILLE (Ed. Ravet Anceau).
C’est une histoire de règlement de comptes sur fond d’énigme religieuse au ton tantôt poétique tantôt rentre-dedans. C’est le jeu du Talion. Œil pour œil, dent pour dent. Bill doit résoudre l’énigme des « 7 prières de Lille » en recevant un indice chaque fois qu’un de ses proches est tué.
Préalablement en 2006, WAGADOU (Ed. Krakoen) avait fait une entrée remarquée dans le monde du polar, un roman déjanté où l’on faisait connaissance avec Bill et ses copains motards, amateurs de bière et de bonne bouffe.

Pour en savoir plus, voir le lien : > mes romans et leur actualité

les_7_pri_res_de_Lille           wagadou

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Certains des poèmes se trouvent dans les romans. Voici la liste des poèmes de Jimmy sur ce site :

- New York City Slam
- La tirade du con
- Flocon
- Il s’endormit
- Le vachard
- C’est ainsi qu’il s’en sortit
- Elle est mon phare
- À mes actes regrettés
- Mépris Blues
- Madison Blues
- C’est un petit poème
- Il y a les mots

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Retrouvez également dans les liens les autres ingrédients de l’univers des romans de l’auteur :
> les recettes de Jimmy
> Signé Radarax :
feuilleton loufoque écrit pour la radio qui reprend les personnages des romans. Un hommage à Signé Furax.

Posté par jmdemetz à 12:31 - Permalien [#]

25 octobre 2008

New York City Slam

Je suis à New York
New York City
Je suis à New York
Et le slam surgit

Les tags se dessinent
Aux murs des usines
Cette ville imagine
Ses rêves en vitrine

Je suis dans Brooklyn
Pas rare qu’on entende
La musique latine
Avec les jazz band

Les notes se mélangent
Les blanches et les noires
Si ça te dérange
Change de trottoir

Chez Rose Mary’s
Un seul peut chanter
Bien sûr c’est Elvis
Ici c’est respect

Là tu peux rester
Un verre à la main
Pas meilleur quartier
Pour tous les copains

Je suis à New York
New York City
Je suis à New York
Et le slam surgit

Les gouttes des clims
S’invitent en prime
Sur les têtes de frime
Des chasseurs de prime

Je suis dans Wall Street
Pas rare qu’on y voit
Comme des hommes en fuite
Qui croisent les doigts

C’est là que palpite
Le cœur du bisness
Que les news crépitent
La loi du commerce

Les dollars s’agitent
Dans les ventilos
Et la brise va vite
Faire courber les dos

De ceux qui s’abritent
Sous les toits de tôles
De ceux qui habitent
Sur tant d’autres sols

Je suis à New York
New York City
Je suis à New York
Et le slam surgit

Des vieilles panthères
Arpentent les trottoirs
Et disent à leurs frères
Un bout de l’histoire

Je suis à Harlem
Pas rare de croiser
Comme des emblèmes
Des poings noirs gantés

Prêts à se dresser
Pour dire à Malcom
« Merci d’avoir fait
De nous des hommes »

Prêts à se lever
Pour dire à Martin
« Si tu as rêvé
Ce n’est pas pour rien »

Là un poing tendu
Se fait respecter
Autant qu’une statue
De la Liberté

Je suis à New York
New York City
Je suis à New York
Et le slam surgit

New York City slame
C’est toute l’Amérique
Qui touille ses âmes
Dans une ville unique

J’y prends ma place
Vais le nez en l’air
Parmi les masses
Des tours de verre

J’y flâne tête saoule
Complètement stone
Par la musique Soul
Des quais de l’Hudson

Pas fier dans les rues
De la pire défonce
À couilles rabattues
Au travers du Bronx

Je suis à New York
Et je prends ma place
Dans le melting pot
Qui déchire sa race

Posté par jmdemetz à 18:25 - Permalien [#]

la tirade du con

Ah ! Non ! C'est un peu court, jeune homme ! On pouvait dire... Oh! Dieu!... Bien des choses en somme.

Tenez, par exemple, en variant le ton :
Agressif : « Moi, Monsieur, si j’étais un tel con,
Il faudrait que je m’étripasse sur-le-champ. »
Amical : « Vous êtes l’homme le plus con-plaisant,
Un vrai con-pote, un con-frère jusque la mort ! »
Descriptif : «  C’est un con-solide ! C’est un con-fort !
Que dis-je, c’est un con ?… C’est un con-sidérant ! »
Curieux : «  Serait-ce la vision du néant
Que mesurer votre esprit de con-sacré ? »
Gracieux : « Comme c’est touchant un con-trop-versé
Dans l’abnégation de toute délicatesse,
Pour nous plaire, vous restez au QI de vos fesses ! »
Truculent : « Monsieur, lorsque vous êtes con-pétant,
Maîtrisez-vous vos deux neurones suffisamment
Sans qu’un voisin ne crie gare au con-cul-pissant ? »
Prévenant : « Gardez-vous, à peine éclos con-naissant
De devenir un malheureux con-descendant ! »
Tendre :  « Ne rejetez pas vos chers con-venant,
S’ils vous présentent l’autre joue, frappez dedans ! »
Pédant : « Tant de chercheurs se sont cassé les dents
Sur le chaînon manquant. Seriez-vous le con-pensé ?
Ou le con-sternant ? Créez-nous le mot sterner ! »
Cavalier : « Planque tes mirettes de con-voyeur.
Tudieu ! Mets devant tes mains de con-peloteur. »
Emphatique : « De tous les génies de l’orient,
Vous semblez le plus digne d’être con-sultan. »
Dramatique : « Con-damné !... Lucifer vous attend ! »
Admiratif : « Que d’espoirs d’un con-promettant ! »
Lyrique : « Pour la postérité, je vous veux con-paré. »
Naïf : « Êtes-vous con-promis ou con-juré ? »
Respectueux : « Oh !  Le joli con ainsi fait !
Nul doute que vous avez l’étoffe du con-primé. »
Campagnard : « Cré vingt dieux, c’est-y quel engrais
Qui faut, pour avoir un aussi beau con-formé ? »
Militaire : « Garde à vous !  Fier con-battant ! »
Pratique : « Êtes-vous, Monsieur, un con-tractant
Car j’ai bien des choses à faire avancer. »

Enfin, parodiant Michel Audiard d’un jet :
« Les cons ça osent tout, et c’est même à ça
Qu’on les reconnaît… » Dites, est-ce bien votre cas ?

Voilà ce qu’à peu près, mon cher, je vous dirais
Si cet attribut de con pouvait vous aller.
Certes, j’avoue que vous sublimez votre art,
Mais je ne peux, Monsieur, vous nommer que connard !
Car un con est aussi une petite chose
Qui s’honore d’un si joli mot de prose,
Que si quelqu’un se permet de vous l’affubler,
C’est offenser la moitié de l’humanité !

Alors, inopportun, passez votre chemin
Et, je vous prie, pour les cons, ne cherchez rien,
Regardez-moi ! Ils viennent à vous aussi vite
Que tous les vents : on a les cons qu’on mérite !

Posté par jmdemetz à 18:23 - Permalien [#]

flocon

Elle tombe dru la neige
Silencieusement
Des millions de cortèges
Alignent les points blancs
Lâchés des nuages
En fragiles corolles

Le flocon n’a pas d’âge
Il trace du ciel au sol
Un trait éphémère
Une griffe fugace

En un instant d’éclair
Il vient prendre sa place
Se caler dans la couche
Se fondre dans la masse
Comme au papier tue-mouche
Il se colle sur place

Si vite le trajet
En travers du ciel
Pour se trouver coincé
En attente du dégel

Parfois le flocon danse
Dans le halo des phares
Mimant l’insouciance
De sa chute de hasard

Il tournoie, tourbillonne
Virevolte et se soûle
Puis gicle de la zone
De l’éclat des ampoules

Toujours la même histoire
De l’unique moment
Du petit bout de gloire
La rêverie d’un instant

C’est la course pour quérir
La lueur, la survie
Lequel pourra ouvrir
La porte de sortie ?

Tu t’imagines quoi ?
D’échapper au vide ?
Petit con, tu n’es pas
Un spermatozoïde

Posté par jmdemetz à 18:19 - Permalien [#]

il s'endormit

Il l'aimait
Il ne voulait rien de plus

Se trouver avec elle
Et rien d'autre
Rester sous son ciel
Dans les mêmes murs, les mêmes portes

Être le marin d'un seul port
Y faire les plus beaux voyages
Avec elle, toujours et encore
Accroché à son amour d'amarrage

Se nicher au profond de son âme
Essorer son cœur
Pour y déposer des larmes
Qu'elle transforme en petites gouttes de bonheur

N'avoir d'horizon que ses yeux verts
Et de protection que ses ailes
Ne vouloir d'espace que son univers
Et surtout rester là, avec elle

Il s'endormit.

Posté par jmdemetz à 18:17 - Permalien [#]

le vachard

Attendre que le nœud se lâche
Que l'abandon arrive
Sans que l'on sache
Combattre cette dérive

Alors le chagrin blesse
Ce vachard qui a coupdepoignardé
Et fait éclater la détresse
Révoltée du torturé
Qu'il supplicie sans vergogne
Par la pire des questions
De son étrange besogne :
‘Pourquoi ça ?’ Putain d'obsession…

Ce fumier a injecté
Avec sa seringue puante
Cette peine infectée
De douleurs lancinantes
Tordant le corps
À s'en taper la poitrine
Et c'est les joues qu'on mord
Et c'est la mort qu'on devine

Ce salaud a empoisonné membres
Tête et viscères
Qui tremblent
Ulcérés, se brouillent et se serrent
Et fait craquer
En sanglots hoquetés
En tremblements convulsés
Le corps comme déchiqueté

Ce chagrin-là enfin lâche
Et la tristesse s'installe
Il commande la relâche
De la déchirure infernale
La plaie restera béante
La cicatrice n'apparaîtra jamais
Comme des chairs pendantes
Les souvenirs continueront de saigner

Là, le corps a beaucoup donné
Et c'est fini maintenant
Avant de peut-être accepter
Il faut s'accorder avec le temps

Et s'abandonner, attendre
Se gorger de lassitude
Se laisser entièrement prendre
Par une triste quiétude
Se sentir vidé, vide
Et aussi retirer le sens de ce monde
Qui a déjà programmé notre homicide
Aussi sûr que la terre est ronde…

Posté par jmdemetz à 18:15 - Permalien [#]

c'est ainsi qu'il s'en sortit

Admirer le toro andalou
Se préparer au combat
Écouter hurler les loups
Au tréfonds de la toundra

Boire le vin de Sikinos
Sur la place du monastère
Et filer en Cappadoce
Vers l'orient du mystère

Promener sa carcasse à bicyclette
Au cœur de la foule chinoise
Entendre saluer les mouettes
Sur un voilier en mer d'Iroise

Faire le tour du Taj Mahal
Y savourer le thé de l'amitié
Courir les montagnes du Népal
Jusqu'en lisière du Tibet

Humer les épices de Pondichéry
Celles de toutes les couleurs
Surprendre l'oiseau de Bali
Qu'on dit celui du bonheur

Bien au-delà du cercle polaire
Là où on se sent solitaire
Arpenter ce bout sans fin de notre terre
Errer sans limites, sans frontière

Passer les nuits blanches de Saint Pétersbourg
Gai, triste, imbibé de vodka
Et traîner un cœur lourd
Comme les Slaves de là-bas

Chanter Docks of the bay
Dans les brouillards de Frisco
Avec les paumés des quais
Encerclant un vieux brasero

Cueillir les perles noires de Tahiti
Puis se sécher sous les palmiers
Dormir à l'ombre des forteresses de Mongolie
Y troquer des colliers

Regarder tomber un ciel éteint
Sur la Terre de Feu
Rechercher les statuettes du Bénin
Ressemblant à leurs dieux

Imaginer sur la muraille de Chine
Les assauts de hordes barbares
Se pavaner aux îles Grenadines
S'enivrer de rhum, sexe et cigares

En antarctique, observer les fous aux pieds bleus
Danser comme dans le lac des cygnes
Et singer les beaux messieurs
Tout ça pour niquer leurs copines

Jouer à Ouagadougou
Avec des noix de cajou
Au jeu de l'oie dans la gadoue
Avec les rois du bagou

Contempler dans une baie d'Along lascive
Les traits de lune
Pointer sur les jonques furtives
Dans une nuit de pirates à mauvaise fortune

Descendre les rapides de l'Amazone
Et avoir juste ce qu'il faut de peur
Pour que la petite voix intérieure résonne
Et rappelle ‘la vie c'est que du bonheur’

Dans la savane éparse, épier le breuvage
De toutes sortes d'animaux assoiffés
Pratiquant la paix sauvage
Pour continuer à vivre et s'entretuer

Sur les rives du Titicaca
Se faire cracher au visage
Pour avoir agacer ce lama
Étonné d'un homme si peu sage…

C'est ainsi qu'il s'en sortit.

Posté par jmdemetz à 12:33 - Permalien [#]

elle est mon phare

Encore une nuit passée, dans les brumes
Ma boussole est cassée, je présume
Encore les mêmes ombres qui s’allument
Sorties des décombres posthumes

Elles flottent légères, telles des plumes
Douces comme les cancers que je fume
Porteuses de souvenirs, d’amertume
C’est l’ardoise lourde pire qu’une enclume
Qu’faudrait, qu’faudrait, qu’faudrait, que j’assume
Elles m’écartent du sentier, elles m’embrument
Elles poussent mon radeau dans l’écume
Du temps des dictées au porte-plume
Du temps des dictées au porte-plume

Chaque fois que je dérive
Chaque fois que ça m’arrive
Sa lueur est là
Confidentielle
Et c’est comme ça
Depuis elle

Toujours la même histoire, éternelle
Il faut sauver l’espoir, l’essentiel
Quitte à chercher des choses dans le ciel
Pour croire une vie en rose, virtuelle

C’est plus simple que ça, avec elle
Elle mettra toujours là, l’étincelle
Qu’elle peint pour moi en tons d’arc en ciel
Avec tous ses flacons de rimmel
Je vois, je vois, je vois, du tunnel
Ce qu’elle allume pour moi, les appels
Pour que je rame toujours auprès d’elle
Si c’était ça l’amour, fusionnel
Si c’était ça l’amour, fusionnel

Chaque fois que je dérive
Chaque fois que je m’égare
Elle est mon phare
Individuel
Et c’est comme ça
Depuis elle

J’ai navigué des mers de bagarre
Connu les lacs couverts de brouillard
Traversé des étangs de cafard
Mais vu à tout moment ses amarres

Dans n’importe quelle mare à canard
Dans toutes ces pataugeoires très bizarres
Elle tient prêt son filin, quelque part
Au port ou derrière un nénuphar
Qu’elle tend, qu’elle tend, qu’elle tend au rencart
Qui vient quand elle me sent dans l’coaltar
Et même si je chavire, si je pars
Chaque fois, je m’en tire, c’est mon phare
Chaque fois, je m’en tire, c’est mon phare

Chaque fois que je repars
Chaque fois que je m’égare
Elle est mon phare
Providentiel
Et c’est comme ça
Depuis elle

Posté par jmdemetz à 12:30 - Permalien [#]

À mes actes regrettés

À mes actes regrettés
Je bois à la santé
Du temps qui a filé
Laissant là les reflets
De mes actes regrettés

Petite demoiselle
Tu lâches ta balancelle
Et tu déploies tes ailes
Un jour, c’est naturel
On choisit une nacelle
Du manège perpétuel
Et la vie croque-au-sel

À mes actes pas nés
Je bois à la santé
Du temps qui a filé
Laissant là les regrets
De mes actes pas nés

Petite demoiselle
Le même, on décèle
Toujours le même appel
C’est l’éternel rituel
De la mise en selle
Dans le grand carrousel
Et la vie ritournelle

À mes actes avortés
Je bois à la santé
Du temps qui a filé
Laissant là les reflets
De mes actes avortés

Petite demoiselle
C’est pas confidentiel
T’attendais l’étincelle
Debout sur la passerelle
Devant ta nacelle
T’attendais toute belle
Les mots tendres et miel

À mes actes regrettés
Je bois à la santé
Du temps qui a filé
Laissant là les reflets
De mes actes regrettés

Petite demoiselle
C’est comme la sentinelle
Seule dans la citadelle
Oubliée, un peu frêle
Scotchée dans l’irréel
Qui espère du ciel
Le miracle de Noël

À mes actes pas nés
Je bois à la santé
Du temps qui a filé
Laissant là les regrets
De mes actes pas nés

Petite demoiselle
Du fond de mon tunnel
Je suis resté tel quel
Et silence habituel
Et l’absence cruelle
Je me sens pas nickel
Grand dadais pas nickel

À mes actes avortés
Je bois à la santé
Du temps qui a filé
Laissant là les reflets
De mes actes avortés

Petite demoiselle
Maintenant les parcelles
Du temps s’amoncellent
À l’heure poivre et sel
Je cherche la manivelle
De marche arrière et celle
Qui r’monte la balancelle

Posté par jmdemetz à 12:28 - Permalien [#]

Mépris Blues

Le vent qui tourne envoie des choses
Singulières
Il vient des moulins qui arrosent
Notre terre
Je les regarde qui posent
Pas peu fiers

Nous, posés sur nos petites vies
En lisière
Eux, au loin en haut de ce pays
En lumière
Je les regarde qui posent
Pas peu fiers

Injecter du poison dans des veines
Ça vaut pas une peine
Triste vide à la une des news
Mépris Blues

Par quel mystère, responsable
D’un enfer
Peut-on se déclarer coupable
Ephémère ?
S’enfuit le vent quand se closent
Les paupières

Il souffle du haut de l’estrade
Des chimères
Ah ! C’est fou comme on nous balade
La la lère
Ce vent-là qui nous arrose
Manque pas d’air

C’est quoi une France d’en bas ? histoire
De barrière ?
Il souffle de tout en haut des perchoirs
Un drôle d’air
Qui remet toutes les choses
Bien d’équerre

On discrimine, c’est le partage
Des frontières
On positive, c’est le nettoyage
Au karcher
Pourquoi donc ils disposent
Ces œillères ?

Et puis, c’est les infos de pacotille
Dans les lucarnes qui brillent
Triste vide à la une des news
Mépris Blues

Dis, quels sont ces mecs qui déglinguent
Notre terre ?
Pour quels dollars, pour quel bastringue
Des affaires ?
Sourds à la vie qui dépose
Ses prières

Si ça continue, ces p’tits malins
Ces faussaires
Feront tourner les ailes des moulins
À l’envers
Et la vie se décompose
Régulière

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Madison Blues

Je marche dans les rues de Madison
La lune, mon amie, m’a à la bonne
Elle est là chaque fois qu’ma vie frissonne
Je sais que jamais elle ne m’abandonne

Je sers tous les soiffards de Madison
Dans mon bar tous les soirs, une sacrée faune
D’oiseaux de nuit bizarres trace la zone
Et cherche la musique qui donne, donne

Ce soir, le poisson-chat de Madison
A joué un super blues que personne
Ne connaît, drôle de blues qui résonne
Tout comme une porte qui se cloisonne
À tout jamais

Six heures vingt, c’est l’aurore, à Madison
Le tic-tac de sa montre devient aphone
À l’instant même qu’un vieil homme fusionne
Avec les anges de la couche d’ozone

Ce soir, le poisson-chat à Madison
Pleure chaque note de blues qu’il fredonne
Et à la première note qu’il entonne
Les aiguilles de la montre soudain s’actionnent

C’est comme ça, la musique à Madison
La magie du blu-ues n’étonne personne
C’est comme ça ici que la vie me donne
Les clins d’œil des anges et me passionne
À tout jamais

J’ai posé les talons à Madison
Il y a dix années un jour d’automne
Avec ma brosse à dent et ma Gibson
Je venais apprendre le blues qui donne

Et je gratte mes cordes à Madison
Je vais là où la musique cartonne
Hum … Trouver ma place dans les pages jaunes
Des musicos, entre Django et Stones

Je roulerai ma bosse à Madison
Partout de Chicago à San Antone
Un jour, je trouverai l’accord qui sonne
Qui rendra mes potes totalement stones
À tout jamais

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c'est un petit poème

C’est un petit poème
Pas plus haut que trois pommes
Qui parle des problèmes
Des problèmes des tits’hommes

Il va parler de l’orage
Et nous faire un fromage
De ces intempéries

Puis des nuages sauvages
Qui pulsent du paysage
Ces putains d’parapluies

C’est un petit poème
Qui sait pas où il va
Il choisit pas les thèmes
D’amour et d’tralala

Il va parler de l’Éole
Pour nous faire son mariole
Sur la mythologie

Le vent frivole rigole
Se carapate et vole
Vers d’autres poésies

C’est un petit poème
Les pieds dans le tapis
Qu’en est à son énième
Vers que personne ne lit

Il parle des fleurs qui fanent
Du temps qui pousse à la panne
Du fatal hors circuit

Il fait bailler les corneilles
Avec des couchers de soleil
Qui vous comblent d’ennui

C’est un petit poème
La tête dans son p’tit cul
Qui sait pas faire carême
Et r’tourne toujours au fût

Tu vas voir qu’il va nous parler
D’étoiles et de voies lactées
Ces faux trucs de la nuit

Ses étoiles sont filantes
Ses histoires brinquebalantes
Tout son esprit aussi

C’est un petit poème
Qui trouve pas les rimes
Et dira pas ‘je t’aime’
Des fois qu’ça le déprime

C’est parce qu’il n’imagine pas
La douce couleur félicita
De tes yeux d’Italie

Qu’il connaît pas l’île de tes bras
Et ce qui s’y passe des fois
Tout en catimini

C’est un petit poème
Pas plus haut que trois pommes
Qui sait pas où il va
Les pieds dans le tapis
C’est un petit poème
La tête dans son p’tit cul
Qui trouve pas les rimes
La la la la la la !

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il y a les mots

Il y a les mots que je ne dis pas
Tu me dis il faut cracher ta valda
T’interroges la lune qui ne comprend pas
Puisqu’elle voit aucune raison à cela

Réponds-moi, pourquoi tu ne parles pas ?
Me dit-elle, c’est quoi qui ne colle pas ?
Il y a tes mots qui ne sortent pas
Qui font ton cœur gros tout au fond de toi

Et pourtant, je t’aime comme un forçat
Qui vit et s’enchaîne tout autour de toi
Mais je ne peux pas m’évader de moi
T’en supplie, laisse moi prisonnier de toi

Il y a les mots que je ne dis pas
Tu me dis il faut cracher ta valda
Du courage, du courage pour ma femme

Si t’as le cœur gros, mets toi l’arnica
Dit la lune, c’est trop, stoppe ton cinéma
Si c’est de trop loin que vient ton tracas
Laisse tomber, reviens, prends la vie qui va

Regarde ta femme et sa bague au doigt
Et son trou dans l’âme à cause de toi
Parle lui, dis lui et raconte toi
Lâche lui aussi tout ton désarroi

C’est au creux de toi qu’est ton cadenas
Tu penses et tu crois que tu ne peux pas
Etre heureux comme ça, tu ligotes en toi
La chance et la joie qui n’écloront pas

Tu l’aimes, c’est sûr, ça ne suffit pas
Explose tes murs, crache ta valda
Evacue les mots qu’elle attend de toi
Il y a les mots que tu ne dis pas

Il y a les mots que je ne dis pas
Tu me dis il faut cracher ta valda
Du courage, du courage pour ma femme

Hé, ma lune, crois pas que c’est mon combat
Si je ne parle pas, je ne pleure pas
Et tu sais, faut pas vouloir trop de moi
Je l’aime comme ça sans beaucoup de voix

Si mes lèvres closes ne s’entrouvrent pas
Pour dire les choses du bout de la voix
Regarde mes yeux qui t’ouvrent les bras
Ils disent bien mieux et plus qu’on ne voit

Il y a les mots que je ne dis pas
Tu me dis il faut cracher ta valda
Du courage, du courage pour ma femme

Posté par jmdemetz à 11:52 - Permalien [#]